Mon témoignage sur l’alternance : 4 années d’apprentissage

Illustration d'un alternant avec le texte suivant : Mon témoignage sur l'alternance : 4 années entre apprentissage et réalités du terrain

À 26 ans, j’ai fait le choix – un peu par hasard, – d’entamer un parcours en alternance. Mes premières volontés était de continuer dans le salariat. D’abord une année en tant que formateur pour adultes, puis trois années dans le domaine de la communication, allant de la création de contenu digitale au management d’équipe. Ce choix n’était pas une évidence, mais il a profondément marqué mes quatres dernières années.

Aujourd’hui, alors que je m’approche de mes 30 ans et que cette période intense touche à sa fin, j’ai ressenti le besoin de partager mon témoignage. Ce billet est un avis personnel, pas une vérité absolue : chaque expérience en alternance est unique, façonnée par l’entreprise d’accueil, le centre de formation (CFA) et bien sûr la personne qui s’y engage.

Je vous propose ici un retour sincère, avec ses points forts comme ses points faibles, en espérant qu’il pourra aider celles et ceux qui envisagent ou vivent déjà ce parcours.


Les points forts de mon alternance

Un apprentissage concret et équilibré

L’un des atouts majeurs de l’alternance est selon moi la possibilité de monter en compétences de façon équilibrée, entre théorie et pratique. Ayant connu l’université d’un côté, et un premier CDI de l’autre, j’ai ressenti ce contraste très fortement :

  • À la fac, beaucoup de savoirs… mais peu d’applications réelles.
  • En CDI, du terrain, de l’autonomie, mais peu de transmission ou de cadre pédagogique.

L’alternance, avec son rythme 75 % entreprise / 25 % formation, offre une formule équilibrée et cohérente pour progresser sur tous les plans.

Une rémunération plus avantageuse qu’on ne le pense

Commencer l’alternance à 26 ans m’a permis de toucher rapidement 100 % du SMIC brut, soit entre 250 et 350 € de plus que mon premier CDI. Cumulé à certaines aides (CAF, Mobili Jeune, prime d’activité), j’ai pu atteindre près de 2000 € nets par mois, sans être imposable.

C’est un point qui revient souvent dans les témoignages d’alternants : la rémunération, souvent sous-estimée, peut réellement rendre cette voie attractive financièrement.

Des congés appréciables

En tant qu’alternant, j’avais droit chaque année à 25 jours de congés payés, ainsi qu’une semaine de révision 1 mois avant l’évaluation finale. Un luxe quand on découvre le monde professionnel, et un vrai confort pour souffler un peu.

Une vie sociale dynamisée

L’alternance m’a permis de créer rapidement du lien social, ce qui n’était pas forcément gagné en arrivant dans une ville que je ne connaissais pas. Entre les collègues en entreprise et les camarades de promo à l’école, j’ai rapidement tissé des relations solides.

Et parfois, ces relations deviennent des opportunités : amis, contacts professionnels, voire futures collaborations. C’est un levier puissant pour s’insérer dans le monde du travail.

Un tremplin vers l’emploi

Dans mon cas, chaque alternance s’est bien déroulée, et j’ai pu envisager une intégration durable dans l’entreprise. Le fait de connaître déjà la culture, les process, l’équipe, constitue une véritable plus-value quand on débute une carrière.


Les points faibles de la vie d’alternant

Une double charge mentale constante

Être à la fois étudiant et salarié, ce n’est pas anodin. La charge mentale est réelle. Une journée intense en entreprise suivie d’un dossier à rendre ou d’une étude de cas à finir à la maison peut être épuisante. On veut réussir son travail sans échouer sa formation, et cela génère un stress permanent, particulièrement en période de rush.

Une fatigue qui s’accumule

Quatre ans d’alternance, ça laisse des traces. Entre les rendus de dossiers, les examens, les présentations orales, les projets… mois après mois, année après année, j’ai ressenti une usure mentale. Le sentiment d’un travail de fond permanent est, selon moi, l’un des aspects les plus lourds de ce parcours.

Une transition salariale difficile à accepter

Paradoxalement, en sortant de l’alternance, j’ai constaté que les rémunérations proposées pour un poste équivalent étaient parfois inférieures à mon salaire d’alternant. Le passage à un contrat salarié « classique » implique des charges patronales plus importantes, ce qui peut impacter la négociation salariale.

Ce n’est pas une règle absolue, mais c’est une réalité à anticiper.

Des situations d’abus : un risque à ne pas ignorer

J’ai eu la chance de collaborer avec des entreprises respectueuses et bienveillantes. Mais ce ne fut pas le cas pour tout le monde. J’ai côtoyé des amis alternants qui ont souffert moralement de leur environnement professionnel : ruptures abusives, encadrement toxique, non-respect du statut d’apprenant…

Dans certains cas, l’alternant est perçu comme une main-d’œuvre à moindre coût, corvéable et exploitable. Quand le manager oublie que vous êtes en apprentissage, qu’il vous traite comme un salarié à 100 % sans tenir compte de vos obligations scolaires, cela peut nuire gravement à votre santé. Il faut en être conscient.

Un manque de lien entre cours et missions

Autre point faible : le décalage entre les apprentissages théoriques et les missions réelles. Il m’est arrivé de ne pas voir le lien entre ce que l’on étudiait en cours et ce que l’on me demandait en entreprise. Et parfois, c’est l’inverse : l’école ne permet pas de répondre aux enjeux du terrain.

Ce manque de cohérence pédagogique peut être frustrant, voire décourageant.


En résumé : un avis personnel mais éclairé

Ce témoignage sur mes quatre années d’alternance n’a pas vocation à convaincre ou dissuader, mais à partager un vécu authentique. Peut-être vous reconnaîtrez-vous dans ces mots, ou pas du tout. Cela reste l’avis d’un (vieux) alternant parmi tant d’autre.

Ce que je retiens : l’alternance est un formidable levier de professionnalisation, mais c’est aussi un parcours exigeant, qu’il faut aborder avec lucidité.

Si vous hésitez, informez-vous, échangez, demandez des retours d’expérience. Et surtout : choisissez une entreprise et un CFA qui respectent votre statut et vos besoins.


Et vous ?

Avez-vous vécu une alternance ? Quels en ont été les points forts ou les points faibles ? Partagez votre avis en commentaire, votre témoignage peut éclairer d’autres candidats à l’alternance.

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À très bientôt !

Marvin

Le 23 mai 2025 par Marvin LUCE

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